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Claudia Marfurt, 14 January 2005

Le 26 décembre dernier, le tremblement de terre très important ayant eu lieu en Indonésie a provoqué une immense vague, dénommée « tsunami », qui a ravagée les régions costales de la plupart des pays du sud-est asiatique et qui s’est propagée jusqu’en Afrique. Des centaines de milliers de morts et une dévastation totale de certaines régions, accompagnée d’une misère économique en ont été la conséquence. Il s’agit sans aucun doute d’une catastrophe humanitaire d’énorme envergure.

Dans la plupart des pays, les réactions ont été très fortes, et il y a eu une véritable avalanche de dons caritatifs pour tenter de venir en aide aux contrées touchées. Dans ce contexte, l’Union européenne n’a pas été une exception.

L’Union européenne n’est pas débutante dans la fourniture et la gestion d’aide humanitaire. Elle compte depuis de nombreuses années parmi les plus importants fournisseurs d’aide humanitaire au monde. En moyenne, on peut parler de 18 millions de personnes auxquelles l’Union européenne apporte son aide chaque année, provenant de plus de 60 pays. Cela est possible grâce à la contribution de l’Office d’aide humanitaire européen (ECHO), qui agit avec 200 partenaires, comprenant des ONG, le CICR ainsi que des agences spécialisées des Nations Unies, notamment le HCR et le PAM (Programme alimentaire mondial). L’ECHO s’est trouvé au premier rang pour organiser les opérations d’aide aux pays ravagés par le tsunami.

Dès la prise de connaissance de la catastrophe, la procédure de première urgence de l’ECHO a été lancée : la Commission européenne a pu tout de suite verser 3 millions d’euros à la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Il s’est agi, par la suite, d’évaluer l’envergure exacte des dommages, et les besoins d’aide. Louis Michel, Commissaire européen en charge de l’aide humanitaire a déclaré qu’ « il ne fait pas l’ombre d’un doute que nous parlons ici de montants très importants, ceci étant la catastrophe naturelle la plus importante depuis des années à l’échelle mondiale. Le montant exact du nouveau financement pour le suivi des décisions humanitaires dépendra des évaluations des besoins et des demandes de financement des partenaires opérationnels de l’ECHO » Comment concrètement une telle évaluation se fait-elle ? Des experts de l’ECHO sont envoyés dans les régions de crise et établissent des rapports le plus rapidement possible. De plus, il s’agit pour eux d’entrer en contact avec les autorités locales et d’autres entités d’aide internationale.

Par la suite, l’Union européenne s’est engagée à verser, les 30 et 31 décembre, 10 millions d’euros supplémentaires destinés à l’Indonésie, au Sri Lanka et aux Maldives. Entre temps, l’aide s’est organisée de manière plus concrète et dans les pays touchés, l’ECHO travaillant notamment avec l’UNICEF, le PAM et l’OMS en ce qui concerne le support logistique.

Le 6 janvier 2005, s’est tenu à Jakarta un sommet exceptionnel de l’ASEAN, qui avait pour mission d’élaborer un plan d’aide et de reconstruction pour les pays touchés par le tsunami, auquel participait le Président de la Commission José Manuel Barroso. Ce dernier a annoncé que 450 millions d’euros supplémentaires allaient être versés par l’Union européenne dans un effort de contribuer à l’aide humanitaire fournie suite au tsunami. De plus, la Commission européenne a proposé la création d’une facilité de prêt d’un milliard d’euros qui serait gérée par la Banque européenne d’investissement. Barroso a déclaré que « La population européenne est aux côtés de la population de l’Asie dans cette grande tragédie. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider à surmonter cette tragédie. » Il a en outre signalé que « Le coût définitif de la reconstruction ne sera connu que lorsque l’évaluation des besoins actuellement en cours sera achevée en mars, mais il est clair que la facture sera élevée et que la tâche se prolongera pendant plusieurs années. »

Mise à part l’Union européenne en tant que telle, les Etats membres sont eux aussi venu en aide aux pays sinistrés. Ainsi, globalement, la contribution officielle de l’Union européenne a atteint plus de 1,5 milliard d’euros. Encore faut-il remarquer que ne sont pas compris dans ce montant les dons des privés.

L’Union européenne ne s’est pourtant pas contentée d’envoyer un représentant au sommet ASEAN. En effet, le 7 janvier 2005 s’est réuni le Conseil « Affaires générales et relations extérieures » lors d’une session extraordinaire, présidée par le ministre luxembourgeois des affaires étrangères, Jean Asselborn. Lors de ce Conseil, auquel ont participé les ministres des affaires étrangères, les ministres de la coopération au développement et les ministres de la santé de l’Union européenne, l’accent a été mis sur les moyens d’assurer une transition efficace entre la phase d’assistance humanitaire d’urgence, la phase intermédiaire de réhabilitation et la phase à plus long terme de reconstruction. Le Conseil a également invité la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement à créer des facilités de prêt pour la région touchée, baptisée « Indian Ocean Tsunami Facility ».

Le 11 janvier 2005 s’est tenue une conférence regroupant, au siège genevois des Nations unies, les pays donateurs, les pays sinistrés et les agences humanitaires. L’Union européenne y a aussi été présente et a promis de débloquer très rapidement 130 millions de dollars sur un total de près de 2 milliards de dollars promis en aide par les 25 Etats Membres et l’Union, ceci afin de répondre à la demande des Nations unies de mettre à disposition le plus vite possible des fonds liquides afin de pouvoir continuer à réagir efficacement face à la crise.

Les aspects économiques de l’aide à fournir, bien que évoqués déjà à l’heure actuelle, seront repris plus en détail dans les jours à venir : En effet, l’intention des Etats membres et de l’Union européenne est d’aménager le service de la dette des pays affectés. Les conséquences économiques du désastre seront reprises lors du prochain Conseil « Affaires économiques et financières » du 18 janvier et du Conseil « Affaires générales et relations extérieures » du 31 janvier 2005 qui feront le point sur les mesures à mettre sur pied dans un plan d’action opérationnel de l’Union européenne.


Reproduction autorisée avec indication de la source :
Claudia Marfurt, www.unige.ch/ceje, actualité n°: 188 du 14 janvier 2005.

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